Les jardins de Torcello
de Claudie Gallay
Actes Sud, 416 p., 23 €
Jess est, à Venise, une sorte de demandeuse d’asile. Cette jeune Française, en s’installant sur la lagune, s’est mise à l’abri de sa mère qui veut lui confier l’hôtel familial. Elle cherche aussi à oublier un drame vécu en montagne. Mais sa situation est précaire. Elle gagne un peu d’argent comme guide touristique et assure la garde d’un appartement dans le quartier de la Giudecca. Mais voilà, Pietro, le propriétaire a décidé de mettre le logement en vente. Jess doit trouver une solution de rechange.
Recommandée par Pietro, elle entre en contact avec un avocat pénaliste, Maxence, qui a une maison sur l’île de Torcello, loin sur la lagune. Jess, petit à petit, trouve comment se rendre utile à cet homme qui mène une vie assez décousue avec Colin, son compagnon, sous le regard d’Elio, gardien au comportement intrigant, pour ne pas dire inquiétant.
Sur cette base, le lecteur pourrait s’attendre à une intrigue un peu haletante, mais non : la valeur de ce roman ne réside pas dans les coups de théâtre. Ses qualités sont ailleurs, par exemple dans la mise en place des personnages de Jess ou de Maxence, à la fois fragiles et vivants, envers et contre tout. À l‘image de Venise, menacée par la montée des eaux.
Déjà autrice de Seule Venise en 2005, Claudie Gallay fait preuve d’un talent impressionnant dans l’évocation de cette ville, « une vraie ville, une ville réelle, avec des gens, des habitants ». Elle nous fait naviguer avec bonheur jusqu’à cette langue de terre, Torcello, « une île humide, un résumé de l’apparition de la vie sur terre ». Où tout reste possible.
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Auteur: Guillaume Goubert

