La Croix L’Hebdo : Quel est le profil type du militant ?
Julien Fretel : Les statistiques sont malheureusement rares sur le sujet. On sait toutefois que les militants des partis politiques appartiennent généralement aux classes moyennes et supérieures. Ils sont nombreux à être relativement très diplômés. Les fonctionnaires et retraités, qui ne s’exposent pas à des risques de représailles au travail du fait de leurs opinions politiques, y sont surreprésentés.
S’il fallait schématiser les choses, le profil type du militant serait un homme blanc de plus de 50-60 ans, souvent, et plus à droite qu’à gauche il est vrai, de culture catholique. Attention, je ne dis pas qu’ils sont pratiquants mais, simplement, qu’on croise – tant chez Les Républicains (LR) qu’au Parti socialiste (PS) et même chez les Verts – un nombre non négligeable de militants issus de familles où la matrice catholique a joué un rôle important. C’est via le scoutisme, la JAC (Jeunesse agricole catholique) ou la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne), par exemple, qu’un certain nombre a emprunté, une fois adulte, le chemin du militantisme politique. Cela signifie qu’on ne devient pas militant par la seule volonté d’agir en politique ; il faut très souvent y être prédisposé familialement. Enfin, on dénombre davantage de jeunes au sein de la gauche, de la gauche radicale et du Rassemblement national (RN). Même si, dans l’ensemble, les jeunes sont les grands absents des partis.
Si les militants proviennent d’un vivier socialement homogène, ils sont donc peu représentatifs de la population…
J. F. : Clairement. Ils ne sont pas à l’image des électorats et des opinions politiques dans leur ensemble. Ils ne sont qu’un sismographe partiel des aspirations existant dans le pays.
Assiste-t-on, comme on l’entend parfois, à une crise du militantisme ?
J. F. : On parle de crise depuis fort longtemps au point de pouvoir parler de…
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Auteur: Recueilli par Marie Boëton

