« Les jeux olympiques sont une opportunité pour l'industrie nucléaire mondiale »

La prétendue liquidation de l’accident de Fukushima Daiichi est une insupportable et effarante répétition de celle de Tchernobyl. Les mêmes mesures à la fois dérisoires, ubuesques et contradictoires ; les mêmes robots qui ne marchent pas ; les mêmes défilés d’hommes pataugeant autour de la centrale et mourant dans l’ambulance pour l’hôpital. Cette fois-ci la catastrophe n’est pas prise en charge par l’armée, mais par les entreprises : Tepco – l’exploitant –, Toshiba et Hitachi – les constructeurs de la centrale. Elles sous-traitent les basses œuvres aux organisations mafieuses du bâtiment. À Tchernobyl la mise en scène fut celle de l’extraordinaire ; à Fukushima celle de l’ordinaire. Tchernobyl aurait été une bataille, tandis que Fukushima ne serait qu’une gigantesque opération de maintenance.

En décembre 2011, l’accident est déclaré terminé alors que les combustibles, fondus, ont percé les enceintes de sécurité

Dès l’automne 2011, malgré les tas de problèmes qui s’accumulent, les communiqués deviennent de plus en plus rassurants. Comme par magie, tout finit par fonctionner : les systèmes de refroidissement refroidissent, les pompes pompent, les systèmes de décontamination en circuit fermé décontaminent en circuit fermé et les ex-réacteurs se refroidissent. En effet, les températures mesurées dans les cuves des ex-réacteurs passent en dessous de la barre des 100 degrés ! Ce qui est bien normal, puisque les coriums, eux, ont disparu plus bas. En tout cas, plus de nouvelles. L’entreprise se dirige tranquillement vers la fin du chantier, il va être temps de ranger les outils.

Ainsi, le 16 décembre 2011, l’accident est officiellement terminé, tout du moins en ce qui concerne les interventions d’urgence. Le gouvernement et Tepco annoncent conjointement la fin du feuilleton. Ils pavoisent sur « l’arrêt à froid » des trois ex-réacteurs les plus accidentés. Le terme est bien choisi puisqu’il est utilisé pour qualifier l’état du réacteur lors de banales opérations de maintenance dans des centrales en état de marche – comme par exemple lors de la recharge du combustible. Pas grand-chose à voir évidemment avec la situation de catastrophe à Fukushima où les réacteurs n’existent plus, où les cuves sont transformées en passoires, où les combustibles usagés ne baignent plus, et où les coriums toujours actifs ont sans doute percé les enceintes de sécurité…

Les ouvriers, premières victimes des radiations que ce démantèlement produit en…

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Auteur: Arkadi Filine

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