C’était dans un débat ayant pour titre : « Chine-USA : l’autre guerre qui menace ».
Le titre de l’émission nous glace. D’emblée, un invité nous dit que nous sommes entrés « dans une guerre froide. On craint même une guerre chaude ». L’animateur précise que c’est une « question brûlante ».
Quelques images de Joe Biden ouvrent l’émission. Il dit qu’il est content : un avion de chasse a abattu un ballon chinois que l’animateur appelle « un ballon de surveillance ». Ballon météo en dérive ? Ballon espion ? La question est donc tranchée dans les premières secondes (0mn 11) : il surveillait les Etats-Unis.
Pas moyen de trouver un Chinois pour une émission télé
Parmi les six invités : un états-unien, une états-unienne. Un tiers, donc. Sympathiques, souriants, pas énervés du tout. Genre marchands d’aspirateurs qui mettent leur pied dans la porte, avenantes vendeuses de Tupperwares. Ils sont heu-reux ! Elles sont heureuses !
Combien de Chinois ? D’amis de la Chine ? De politologues neutres ? Zéro. C’est pour ça qu’ils sont heu-reux, les sept mercenaires.
Insistons : dans ce débat sur la Chine et les USA, on voit deux Etats-Uniens, cinq français critiques envers la Chine, aucun Chinois, alors qu’on va surtout parler d’eux (déblatérer sur). Personne pour faire grimacer les deux Etats-Uniens.
On compte 1,4 milliard de Chinois. Et impossible d’en dénicher un pour une émission dont le titre évoque la possibilité d’une guerre entre la Chine et les Etats-Unis ! Pour les Yankees, c’est plus simple : sur les Champs-Elysées, vous tapez du plat de la main contre un réverbère et il vous en tombe deux douzaines, pas le peine de mettre des stagiaires en chasse. Vous choisissez la plus jolie et celui qui parle bien français et qu’on voit sur d’autres chaînes en tant que spécialiste de l’Ukraine, de la Russie, de la démocratie, des canons Caesar, de Poutine et des tartes Tatin (pour les tartes, j’imagine, mais je m’attends à le voir dans l’émission « La persécution des pâtissiers ouïghours »).
Premier constat : tout débat démocratique dans un pays démocratique (la France) sur une télé démocratique peut réunir sept démocrates (dont deux Etats-Uniens) du même avis (négatif) sur la Chine, démocratiquement exclue.
Second constat (amer) : le seul fait d’énoncer le premier constat fait de vous un prochinois.
En effet, trouver à redire, c’est se voir délivrer par les médias la carte du Parti Communiste Chinois. Vous n’avez pas lu…
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Auteur: Maxime VIVAS Le grand soir

