Un incendie déjà historique
Au bilan officiel disponible samedi 25 juillet, les deux feux avaient parcouru plus de 32 000 hectares en Gironde et 3 000 hectares dans les Landes. La canicule et la sécheresse ont préparé le terrain : selon Météo-France, juin 2026 a été le mois de juin le plus chaud jamais mesuré dans le pays, avec un déficit de précipitations proche de 50 %. Une végétation desséchée, un vent soutenu et une étincelle suffisent alors à faire basculer tout un territoire.
Une forêt construite pour produire
Le massif landais est bien une forêt au sens administratif et abrite encore des milieux naturels précieux. Mais présenter l’ensemble comme une forêt naturelle est trompeur. Une prospective de l’INRAE décrit un territoire forestier de 974 000 hectares dominé par des plantations de production. Le pin maritime couvre environ 803 000 hectares, généralement conduits en « futaies régulières monospécifiques » : une seule essence, des arbres souvent du même âge, récoltés après quarante à cinquante ans.
Le pin maritime est pourtant une essence locale, adaptée aux sols sableux et pauvres. Le problème n’est donc pas l’arbre isolé, mais son industrialisation à l’échelle d’un paysage. Coupes rases, régénération artificielle, mécanisation et recherche de productivité ont fabriqué une forêt uniforme. Quand le feu démarre, cette continuité horizontale et verticale lui ouvre une autoroute.
Des millions d’allumettes végétales
Une fois desséchés, les pins ressemblent à des allumettes plantées par millions. Leurs aiguilles mortes, leurs brindilles et les ajoncs du sous-bois forment un tapis d’amadou. Des travaux expérimentaux sur le pin maritime montrent que les lits d’aiguilles soutiennent la propagation des feux de surface. La litière contient également des composés résineux et des terpènes qui influencent son inflammabilité. Poussés par le vent, des brandons peuvent ensuite…
Auteur: La Relève et La Peste

