Cinq ans après la démission de Jeremy Corbyn de la tête du Parti travailliste, la gauche britannique se trouve dans une situation difficile. Le remodelage du Labour par Keir Starmer, qui a purgé ou suspendu des députés et un grand nombre de militants, a permis d’éradiquer l’héritage de l’ère Corbyn. Les politiques de son nouveau gouvernement dans tous les domaines, de la protection sociale à la politique étrangère, ont mis l’accent sur la continuité plutôt que sur une rupture avec les gouvernements conservateurs précédents.
Les émeutes anti-migrants et anti-musulmans de l’été dernier, la cote de popularité déjà en baisse des travaillistes dans les sondages et la montée de la droite radicale de Nigel Farage et de son parti Reform UK indiquent qu’une vague réactionnaire déferle sur la scène politique britannique. Dans ce contexte de recul de la gauche, une poignée de candidats indépendants de gauche, dont Corbyn – aujourd’hui exclu du Parti travailliste – ont remporté des sièges lors des élections générales de juillet dernier, notamment en raison de l’impact du mouvement de solidarité avec la Palestine. Mais l’élan de la fin des années 2010 s’est aujourd’hui largement dissipé.
Andrew Murray était l’une des figures de proue de l’équipe qui s’était constituée autour de Corbyn. Ancien dirigeant du Parti communiste britannique, président pendant de longues années de Stop the War Coalition et membre de la direction de Unite, le plus important syndicat du pays, il est également l’auteur d’un ouvrage incisif sur l’échec du projet Corbyn, publié 2022 aux éditions Verso sous le titre Is Socialism Possible in Britain ? Reflections on the Corbyn Years. Dans cet entretien avec Stathis Kouvélakis, il discute des leçons de l’ère Corbyn, de l’état actuel de la gauche britannique et des possibilités de sa reconstruction.
Le corbynisme, un miracle…
Auteur: redaction

