La Croix : Les libéralités (legs, donations et assurance-vie) semblent prendre de plus en plus d’importance dans les ressources des associations. Comment expliquer ce phénomène ?
Damien Cousin : La croissance des libéralités dans nos ressources est confirmée par le Baromètre annuel de France générosités : entre 2013 et 2021, elles ont augmenté de 42 %. Les legs pèsent plus aujourd’hui pour l’ensemble des ONG et des associations, à la fois parce que les subventions publiques ne cessent de diminuer (dans la solidarité internationale, une baisse de 750 millions d’euros de l’aide publique au développement a été annoncée), et parce qu’on a du mal à recruter de nouveaux donateurs particuliers. Depuis plusieurs années, on fait le constat que le niveau de générosité reste à peu près le même, mais avec moins de donateurs. De façon plus positive, les legs ont pris de la place, parce que c’est une ressource régulière qui consolide les missions principales de nos associations.
Quelle est la place des libéralités pour le CCFD-Terre solidaire ?
D. C. : Elles ont doublé en dix ans dans notre collecte, soit une évolution plus forte que pour nos collègues. Cela est dû au fait que nous sommes une association ancienne, dans laquelle les testateurs peuvent avoir confiance : 95 % d’entre eux donnaient déjà à notre organisation. Les libéralités représentent 17 % de notre budget cette année, avec un legs moyen de 40 000 €. Ce sont aussi souvent des parts de patrimoine immobilier qu’il nous faudra vendre.
Comment parler aux personnes qui envisagent de léguer tout ou partie de leur patrimoine à une association comme la vôtre ?
D. C. : Le sujet du legs touche à la perception de la mort, à la transmission de son patrimoine et à la trace qu’on veut laisser. Il faut donc parler en toute confiance et en transparence aux particuliers qui veulent se lancer dans cette démarche. Notre équipe le fait en…
Auteur: Recueilli par Eric Larpin

