Les lézards victimes du réchauffement climatique

Avec le réchauffement climatique, les lézards peinent à garder leur sang froid. La chaleur perturbe même fortement les femelles gestantes, indique une étude publiée dans la revue scientifique Oïkos. La nuit, elles ont des difficultés à faire baisser leur température, au point que le risque de mettre bas des bébés mort-nés augmente considérablement. De même, la chaleur augmente leurs besoins en énergie, elles doivent donc manger et boire davantage. D’autres maux menacent ces reptiles : la disparition des invertébrés — leur principale source de nourriture —, la multiplication des périodes de sécheresse et la destruction de leurs habitats. Une autre étude publiée récemment dans Pnas a révélé que les petits lézards exposés aux chaleurs extrêmes présentaient des signes de vieillesse prématurée. À terme, toutes ces perturbations pourraient mener l’animal à l’extinction dans les régions du sud de la France les plus exposées aux chaleurs.

La petite espèce de lézard étudiée se nomme Zootoca vivipara. Strictement diurne, elle mesure 5 à 8 centimètres et apprécie les endroits frais et humides, comme les tourbières, les landes ou les prairies humides du nord de l’Eurasie. Son aire de répartition est immense : de la Bretagne jusqu’au Japon, en passant par la Sibérie. « En France, elle occupe les montagnes, en particulier celles du Massif central et des Pyrénées, où elle retrouve les conditions de fraîcheur qui lui sont favorables », explique Andreaz Dupoué, chercheur à l’Ifremer et spécialiste de l’animal. Mais avec le changement climatique, les scientifiques ont observé que l’espèce disparaissait à certains endroits, « notamment à basse altitude » où la température est plus élevée.

Le repos nocturne, au frais, est essentiel

Pour mieux comprendre comment l’animal répond aux changements climatiques, ils ont capturé des femelles gestantes sur le Plateau des Millevaches, dans le Limousin. Durant les deux à trois mois de gestation et jusqu’à leurs mises bas, les femelles ont été placées dans des « enceintes climatiques » au centre d’études biologiques de Chizé (CEBC), dans les Deux-Sèvres. Elles vivaient alors dans des environnements différents : plus ou moins chauds (31 °C durant 4 ou 9 heures la journée, et à 17 °C ou 22 °C durant la nuit) et plus ou moins humides (eau à volonté ou limitée). Entre mi-juillet et début août, 1 à 12 bébés lézards sont nés de chaque femelle. Les femelles ont ensuite été relâchées avec leurs petits dans leur environnement naturel.

Les chercheurs ont d’abord observé que les femelles exposées (de jour comme de nuit) à de fortes températures semblaient affamées et consommaient…

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Auteur: Reporterre