Les livres, œuvres de résistance

Je suis devenu libraire en 2009. Au départ, c’était un job alimentaire qui me permettait de continuer mon parcours artistique. Puis c’est devenu une vocation. J’avais, par l’entremise de milliers de voix écrites, trouvé ma voie. Ma vision du métier tel qu’on me l’a transmis, tel que je me le suis approprié, repose sur quelques prédispositions : recherche, écoute, curiosité, disponibilité, cohérence… Mais cela nécessite de prendre le temps.

Et toutes ces qualités ne sont opérantes que dans un contexte de liberté de décision, d’intention, et donc d’indépendance. Lorsque les libraires sont en maîtrise totale de leurs choix (d’achat, de programmation de rencontres d’auteur·rices, de gestion, de mise en place…), ces qualités deviennent des outils de résistance face à l’extrême-droitisation et à la « bollorisation » de la société.


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Après douze années de salariat dans une librairie de 300 m2 dans une grande ville, je suis passé à une structure de 60 m2 dans une bourgade de 5 000 habitants en zone rurale. En 2021, j’ai fondé L’Apothicaire à La Souterraine, dans la Creuse, où je me suis imposé de mettre en pratique les préceptes cités plus haut. Force est de constater que je n’ai rien créé. Comme si, dans cette zone vide de librairies indépendantes, un grand nombre de personnes n’attendait qu’un lieu de rencontres et d’échanges.

Il s’avère que l’immense majorité rejette l’extrême droite et prône la diversité et la tolérance. Il suffit de regarder nos tables et nos rayons pour comprendre de quel bois nous sommes fait·es. Celles et ceux en désaccord avec nous mais qui arpentent quand même la librairie ont…

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