Quelques minutes plus tard, Cuba répondait en accusant Washington de mener contre l’île une « guerre multidimensionnelle » et un « siège énergétique » assimilable à « un blocus naval ». Dans cet échange virulent, une évidence : le traditionnel débat annuel sur le blocus américain a changé de nature.
Pendant des décennies, la confrontation opposait deux récits désormais bien connus. D’un côté, La Havane dénonçait un embargo économique et financier vieux de plus de 60 ans, principal obstacle à son développement. De l’autre, Washington imputait les difficultés de l’île à l’échec de son système politique d’inspiration marxiste. Cette année, un nouvel acteur domine les échanges : le pétrole. Ou plus exactement son absence.
Depuis le début de 2026, Cuba traverse la plus grave crise énergétique de son histoire récente. Les coupures de courant s’étendent parfois sur plusieurs jours, paralysant les transports, interrompant l’approvisionnement en eau potable, désorganisant les hôpitaux et aggravant les pénuries alimentaires. Lundi encore, l’ensemble du réseau électrique national s’est effondré, plongeant une nouvelle fois près de dix millions d’habitants dans le noir.
L’Assemblée générale de l’ONU vote pour décider de la tenue du débat sur la nécessité de mettre fin à l’embargo économique, commercial et financier imposé par les États-Unis à Cuba.
Au cœur de cette crise se trouve une nouvelle stratégie américaine. Depuis le retour du président Donald Trump à la Maison Blanche, Washington ne se contente plus de maintenir le blocus économique hérité de la guerre froide. Son administration exerce désormais de fortes pressions sur les pays et les entreprises qui approvisionnent Cuba en hydrocarbures, notamment le Venezuela et le Mexique, multipliant sanctions…
Auteur: Nations Unies FR

