Comment les médias dominants auraient-ils qualifié les images de la répression policière violente contre des lycéens si elles avaient émané de Russie ou de Chine ? Probablement comme ce qu’elles sont : la brutalité aveugle d’un régime autoritaire aux abois.
Les violences policières sont loin d’être une nouveauté en France, les quartiers populaires comme les mouvements écologistes en savent quelque chose. Mais le déchaînement actuellement à l’œuvre contre les lycéens est un moment de bascule.
La barbarie des « forces de l’ordre » contre la jeunesse du pays, déployée avec les encouragements du ministre de l’Intérieur, révèle dans toute sa monstruosité la vision du monde de ceux qui nous gouvernent : après eux, le déluge. Tout faire, quoi qu’il en coûte, pour ne pas dévier de leur politique néolibérale qui enrichit les plus riches sous le prétexte fallacieux de réduire la dette. Ne pas céder une once de terrain. Quitte à écraser ses propres enfants.
La prise de parole — si tardive — du Premier ministre mercredi 7 octobre se cantonne à quelques promesses floues et à la mise en place d’une plateforme de consultation pour les lycéens : technique éculée en macronie pour essouffler un mouvement. On se souvient des cahiers de doléances sans lendemain des Gilets jaunes.
Mutilations, humiliations
Depuis le 17 septembre et le début de la mobilisation lycéenne, le bilan — provisoire — est terrifiant. Un adolescent a eu la main arrachée par une grenade, un autre a été éborgné, entre autres blessures graves. Les témoignages de lycéens réprimés ayant des dents cassées, la mâchoire fracassée, ayant subi des étranglements voire une simulation de noyade de la part de policiers et gendarmes, se multiplient.
Plus de 5 000 personnes ont déjà été placées en garde à vue en quelques jours, soit près de la moitié du chiffre atteint durant toute la mobilisation des Gilets…
Auteur: Vincent Lucchese
