La loi d’urgence agricole sera-t-elle l’occasion pour le gouvernement de réintroduire le dangereux pesticide qu’est l’acétamipride ? Présenté en avril, ce projet de loi est censé apaiser les agriculteurs après les grandes mobilisations de 2024 et 2025. Comme l’avait assuré dès février, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, la réintroduction de l’acétamipride n’y figure pas.
Pourtant, alors que le texte est examiné lundi 4 mai en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, nombre d’amendements de députés macronistes et d’extrême droite sur le sujet ont été déposés en toute discrétion. Plusieurs parlementaires interviewés par Reporterre pointent par ailleurs deux événements récents et troublants.
Le rappel à l’ordre déroutant d’une députée macroniste par Mme Genevard, assumant à demi-mot avoir renoncé à affaiblir la protection des zones humides en échange de la réintroduction de l’acétamipride, d’une part. Et l’annulation de dernière minute de la présentation d’un rapport parlementaire sur les méfaits sanitaires et environnementaux de cette même molécule, d’une autre.
Coup de pression
Retour sur le passé sulfureux de cet insecticide. Il a été interdit en France en 2018, en même temps que d’autres néonicotinoïdes, principalement en raison de ses effets dévastateurs sur les abeilles. Mais la molécule reste autorisée dans l’Union européenne. En juillet 2025, le Parlement a alors accédé à la demande de certains producteurs de betteraves et de noisettes en adoptant sa réintroduction dans le cadre de la loi Duplomb.
La réaction scientifique, écologiste, médicale et citoyenne a été immédiate et massive. Une pétition lancée sur le site de l’Assemblée nationale a recueilli plus de 2 millions de signatures en moins d’un mois. Des manifestations et des rassemblements devant l’Assemblée nationale ont eu lieu….
Auteur: Émilie Massemin

