Le massacre des militant·es de gauche, en particulier communistes, en Indonésie en 1965 ne s’est pas contenté de n’être qu’une atrocité parmi d’autres perpétrée avec le soutien des Etats-Unis. Il constitue le modèle des expériences d’anéantissement – une bonne fois pour toutes – des espoirs et des rêves de la gauche dans les pays en développement. À tel point que les fascistes chiliens, dans les mois qui précédèrent le coup d’État militaire du 11 septembre 1973 contre la gauche, écrivaient sur les murs de Santiago « Jakarta arrive ».
Dans cet entretien mené par Benjamin Fogel en 2020 et publié dans la revue étatsunienne Jacobin, Vincent Bevins – auteur de l’ouvrage The Jakarta Method – revient sur cet évènement majeur de la seconde moitié du 20e siècle et montre la façon dont l’anticommunisme a fait de notre monde la planète extrêmement inégalitaire dans laquelle nous vivons aujourd’hui.
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Avec les conséquences économiques et sociales de la pandémie de COVID-19, l’ordre mondial de l’après-guerre froide a été ébranlé dans ses fondements mêmes. Les inégalités criantes, non seulement au sein des nations, mais aussi entre les nations, ont été mises à nu.
Pour une génération façonnée par la défaite du communisme et du nationalisme du tiers-monde, l’une des difficultés a toujours été de croire qu’un autre monde était vraiment possible. Ceux et celles qui nous ont précédé n’avaient pas ce problème. Ils et elles croyaient qu’une société plus juste était non seulement possible, mais aussi à leur portée.
Mais ce ne sont pas seulement des expériences économiques ratées qui ont mis fin à ces rêves. La défaite des mouvements socialistes et réformistes, du Brésil à l’Indonésie, a été le résultat d’une campagne anticommuniste mondiale organisée, menée par les États-Unis et soutenue par d’autres puissances occidentales et les élites locales. Cette…
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Auteur: redaction

