Bolloré, un empire médiatique
Vincent Bolloré est le représentant de la sixième génération des Bolloré à la tête du groupe familial, dont il a pris les rênes dans les années 1980 alors que l’entreprise était au bord de la faillite. Il parvint à la redresser en baissant les salaires des ouvriers de la papeterie familiale et en diversifiant ses activités.
Parmi elles : films plastiques pour condensateurs, batteries au lithium, bornes électriques et de gestions de billets de transport, la secrète Banque Rivaud qui lui fait accéder à des dizaines de milliers d’hectares de cultures partout dans le monde et à un empire immobilier, le groupe publicitaire Havas et évidemment les médias.
Après s’être d’abord intéressé sans succès à TF1dans les années 1990, Vincent Bolloré a repris la Société française de production (SFP) en 2001. Mais c’est l’obtention gratuite de la fréquence de Direct 8 (devenue C8) par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel avec le lancement de la TNT en 2005 qui le propulse vraiment dans le monde des médias. En 2010, Bolloré rachète au groupe Lagardère la chaîne Virgin 17, alors renommée Direct Star.
« Ce qui est assez incroyable, c’est le fait d’avoir pu revendre Direct 8 et Direct Star ensuite à Canal+ en 2012, en faisant une plus-value spectaculaire, qui constitue l’une des plus grosses opérations de spéculation de l’histoire des médias sur un actif appartenant à l’État (465 millions d’euros). Les ferments de son empire ont donc été construits à partir d’une fréquence qui lui a été attribuée gratuitement par la puissance publique. Car c’est en partie cet argent (et surtout les actions négociées au moment de ce rachat) qui lui ont ensuite permis d’acquérir Canal+ en 2015-2016 : après être entré discrètement au capital de Vivendi, il a peu à peu grignoté l’ensemble du groupe » explique l’historien des médias Alexis Lévrier dans
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Auteur: La Relève et La Peste

