Il semble bien que les campagnes médiatiques contre les candidats de gauche soient devenues de simples routines journalistiques. On se souvient du « cauchemar » Benoît Hamon lors de la « primaires citoyenne » en 2017, de la panique Sandrine Rousseau avant l’élection présidentielle de 2022, ou de la haine anti-Nupes au moment des législatives de 2022. À quelques jours du second tour des élections législatives de 2022, le rédacteur en chef du Figaro Guillaume Tabard résumait ainsi la campagne médiatique contre la Nupes : « D’un point de vue tactique, Macron doit susciter un front anti-Mélenchon, c’est-à-dire convaincre les électeurs de droite, de la gauche modérée et même lepénistes, de faire barrage à la gauche radicale. » Ce mot d’ordre avait eu du succès dans les médias… mais il n’était pas inédit : Jean-Luc Mélenchon est incontestablement et de longue date l’ennemi médiatique numéro un.
« Mélenchon-Le Pen, le match des populismes », « Mélenchon veut nationaliser la France et revenir au kolkhoze », « Le Pen, Mélenchon, même danger », « un apprenti sorcier », « haine sociale, communautarisme assumé, antispécisme agressif, racialisme tranquille… C’est woke en stock », « [Mélenchon], le Hanouna de la gauche », « l’imam Jean-Luc Mélenchon »… Du Monde au Figaro en passant par TF1, RMC, France Inter ou les chaînes de débat en continu, depuis 2012 et la première campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, les médias – parfois avec des nuances – n’ont jamais cessé de clouer La France insoumise (et en particulier son leader) au pilori, multipliant vilenies et calomnies. Même Mediapart, qui à la différence des autres médias se positionne dans le camp progressiste, a régulièrement soufflé le chaud et le froid autour du « problème » Mélenchon.
Mais depuis l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale et la constitution du Nouveau Front…
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Auteur: Mathias Reymond

