Vous lisez la troisième partie de notre série « Nuisibles des mers : un océan de préjugés ». Pour ne pas rater la suite, abonnez-vous à notre lettre d’info.
Sur les bords de l’étang de Leucate, dans les Pyrénées-Orientales, Clément Larrouy peine à répondre au téléphone : il remplit des glacières de méduses fraîchement pêchées. Objectif : « Les envoyer à un laboratoire qui extrait le collagène de leurs ombrelles pour l’utiliser dans des cosmétiques ou pour réparer les peaux brûlées », décrit-il au bout du fil. Comme lui, le long du littoral méditerranéen, chercheurs et citoyens expérimentent tous azimuts des pistes pour s’accommoder, voire tirer profit, de ces bestioles.
Et pour cause : les pullulations de méduses se multiplient à travers le monde depuis plusieurs décennies. Résistantes au plastique, au manque d’oxygène, et profitant de la surpêche qui élimine leurs prédateurs, ces créatures se plaisent dans nos océans malades.
Un engrais à base de méduses
Si elles brûlent les baigneurs, les pêcheurs, eux, en récupèrent en masse dans leurs filets. L’ingénieur travaille avec des professionnels des lagunes languedociennes. « On cherche avec eux des solutions pour valoriser ces espèces », précise-t-il. L’une des voies, explorée par son bureau d’études en partenariat avec l’Inrae : transformer les Mnemiopsis leidyi — une espèce de plancton très envahissante qui ressemble fortement aux méduses — en biogaz.
De l’autre côté du littoral, en Corse, Anne-Charlotte Carsalade d’Ornano nous répond d’une voix essoufflée. Entre deux oraux du baccalauréat, la professeure de gestion poursuit un projet singulier avec ses lycéens : fabriquer un engrais à partir des Pelagia noctiluca qui abondent sur le sable d’Ajaccio.
À l’origine, un concours, le « Blue Challenge », et un triple défi : créer un projet innovant, rentable et en lien avec l’économie…
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Auteur: Lorène Lavocat

