Montréal (Canada), correspondance
Le deuxième plus grand pays du monde a un chat dans la gorge. Les feux qui embrasent la Colombie-Britannique, à l’ouest, le Manitoba, au centre et l’Ontario, à l’est, dégradent la qualité de l’air du Canada d’un océan à l’autre. Assez pour que le Québec, à des milliers de kilomètres des incendies ontariens, vive son pire épisode de smog en huit ans.
Près de 200 feux sont toujours actifs en Colombie-Britannique. Le nord de l’Ontario, lui, en compte plus de 140, dont le plus imposant frôle les 150 000 hectares. Au vu de la taille des panaches de fumée, Simon Legault, météorologue chez Environnement Canada, explique à Reporterre que le smog qui s’est déposé à Montréal provient des feux ontariens, situés pourtant à plus de 2 000 kilomètres de la métropole québécoise. « Avec le vent, la fumée parcourt de grandes distances. Les quantités de particules fines de suie dans l’air, le PM 2.5 [les particules en suspension], sont très importantes. Leur concentration a augmenté, car l’intensité des feux ne ralentit pas. »
Dans ce Montréal enfumé, la visibilité est faible et le soleil prend parfois des allures de boule rouge incandescente. L’agence fédérale canadienne prévient que la population touchée par le smog peut ressentir des symptômes comme une forte toux, la gorge irritée, des maux de tête ou un manque de souffle. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement à risque, car « ces particules fines peuvent pénétrer assez profondément dans les poumons », précise Simon Legault.
The last step before commencing the planned ignition is to organize resources and conduct a safety briefing. Here is an example of a successful planned ignition on the Tremont Creek (K21849) wildfire yesterday evening. pic.twitter.com/ECMsbIpQsq
— BC Wildfire Service (@BCGovFireInfo) July 26, 2021
Évacuations par milliers, aucune pluie prévue
Avec le dôme de chaleur qui a accentué la sécheresse dans l’ouest du pays, les conditions étaient propices à une saison de feux estivaux d’anthologie. « On voit des phénomènes plus violents cette année, plus longs aussi. Les changements climatiques amplifient la vague de chaleur. On peut commencer à anticiper, pas chaque année, mais plus régulièrement, des événements du genre au Canada », observe le météorologue.
Selon lui, le climat canadien est en roue libre : « On est face à une boucle de rétroaction. Les boucles de rétroactions positives amplifient une situation de crise. Par…
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Auteur: Alexis Gacon Reporterre

