Plusieurs élections doivent bientôt avoir lieu au Canada, que ce soit au provincial en Ontario, ou au fédéral ce printemps.
On peut à cet égard se demander si les mèmes s’immisceront dans le processus électoral comme ce fut le cas cet automne lors de la campagne présidentielle américaine. Comprendre les effets que les mèmes ont exercés sur cette course nous offre à cet égard peut-être un précieux éclairage sur ce qui nous attend.
Les mèmes peuvent être définis comme des artefacts numériques (images, sons, vidéos, par exemple) qui se répandent rapidement sur Internet, car ils sont, dans la plupart des cas, réaffichés, modifiés ou recontextualisés par des membres du public. De manière plus large, ils font partie d’une expérience socioculturelle et identitaire organique partagée par un grand nombre d’utilisateurs.
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce ne sont pas seulement les partisans démocrates et républicains qui ont fait la promotion de ces contenus numériques particuliers, mais aussi les organisations de campagne elles-mêmes, et parfois, les candidats à la présidence, soit la démocrate Kamala Harris et le républicain Donald Trump.
Dans la mesure où il s’agit de l’une des premières campagnes dans laquelle les mèmes ont joué un rôle de premier plan dans la conversation politique, il importe de s’interroger sur les conséquences de la profusion de ce type de contenu et de leur impact grandissant sur le déroulement et le ton des campagnes électorales démocratiques.
Respectivement professeurs spécialisés en communication politique et médias socionumériques à l’Emerson College et à l’Université du Québec à Trois-Rivières, nous avons observé une manifestation croissante des mèmes dans plusieurs facettes de la communication politique contemporaine.
Ils permettent d’atteindre plusieurs objectifs, dont mettre en lumière des thèmes de campagne spécifiques, comparer et…
Auteur: Mireille Lalancette, Professor, Département de lettres et communication sociale, Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR)

