Le 28 avril, les Canadiens se rendront aux urnes pour voter aux élections fédérales.
Les électeurs auront à choisir entre des visions divergentes de l’avenir du Canada à une époque où il est pratiquement impossible de séparer politique étrangère et politique intérieure.
Il ne fait aucun doute qu’une grande partie des discussions pendant la campagne porteront sur la manière dont le prochain gouvernement agira face à Donald Trump, président des États-Unis, et aux menaces persistantes que celui-ci fait peser sur la souveraineté du Canada.
Toutefois, même si l’administration Trump a fragilisé l’ordre mondial démocratique et libéral dans lequel le Canada a prospéré pendant près d’un siècle, il n’est pas certain que le spectre d’une guerre tarifaire internationale, le conflit déchirant au Moyen-Orient et la poursuite de l’agression russe en Ukraine auront une incidence directe sur le choix des Canadiens.
La plupart des politologues considèrent que la politique étrangère n’a pas d’importance pour les Canadiens au moment de voter.
Dans un livre récent de l’historien Patrice Dutil, on peut lire qu’« au moins la moitié des élections nationales au Canada ont donné lieu à des discussions de fond sur la place du Canada dans le monde. »
Alors, qui a raison ?
La politique étrangère : un enjeu
Dans ma plus récente analyse, Foreign Policy and Canadian Elections : A Review, je constate que les deux camps ont raison.
La politique étrangère est ce que les spécialistes des élections appellent un « enjeu », au même titre que l’économie, la sécurité nationale ou les soins de santé.
Les enjeux sont en concurrence avec d’autres considérations — comme l’idéologie, la perception des qualités de leader et le besoin de changement — pour déterminer le choix final au moment de voter.
Les candidats locaux peuvent influencer la manière dont les gens votent, tout comme l’affiliation…
Auteur: Adam Chapnick, Professor of Defence Studies, Royal Military College of Canada

