Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), reportage
« Tout a commencé dans cette pièce », se souvient Samira, sourire aux lèvres. C’est ici, à l’École populaire du climat de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), qu’elle a rencontré Samia, Fatima, Coumba, Soraya, et Maimouna. Ensemble, elles ont décidé de s’attaquer à la grande distribution.
Le déclic est survenu pour elles lors d’une intervention de Claire Nouvian, fondatrice et directrice générale de l’association Bloom, lors d’une formation dédiée aux mères à Banlieues Climat, en novembre 2024. Elle y dénonçait la présence alarmante de mercure dans le thon en conserve. Dans un rapport sorti en octobre 2024, l’association a révélé la présence excessive dans ces conserves de mercure, métal considéré comme l’une des dix substances les plus préoccupantes au monde, selon l’Organisation mondiale de la santé.
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« On était loin de savoir que le poisson que l’on consommait le plus était aussi nocif pour notre santé, mais surtout pour celle de nos enfants », se souvient Coumba. Le soir-même, elle s’est filmée en train de jeter les sept conserves de thon présentes dans son placard. Le mouvement #BalanceTonThon était lancé. « Il ne fallait pas attendre, il fallait agir et écouter les scientifiques. Alors j’ai suivi Coumba et j’ai jeté les onze conserves de thon de mon placard. Mes enfants n’ont pas compris ce que je faisais », ajoute Maimouna d’un ton doux-amer.
Choquées mais déterminées, elles ont alors décidé de fonder toutes les six, accompagnées de deux autres mères absentes lors de notre rencontre à Saint-Ouen, le collectif Mamans pour le climat. Si certaines ne se connaissaient pas avant la formation, leur combat est le même : dénoncer le silence de la grande distribution, qui continue de vendre ces conserves sans alerter les…
Auteur: Louise Mohammedi, NnoMan Cadoret

