Les changements techniques contemporains et la place qu’ont prise les algorithmes dans le fonctionnement de nos sociétés conduisent Jonathan Durand Folco et Jonathan Martineau à proposer vingt thèses pour expliquer en quoi nous serions entrés dans un nouveau stade du capitalisme, qu’ils désignent comme capitalisme algorithmique. Celui-ci serait fondé sur la prééminence de la valorisation des données massives et le déploiement rapide de l’intelligence artificielle qui auraient provoqué des mutations socioéconomiques d’ampleur, notamment concernant le travail et la valeur.
Guillaume Dreyer revient dans cet article sur ces thèses pour en proposer une lecture critique, qui interroge les catégories utilisées par les deux auteurs et la profondeur des mutations qu’ils décrivent.
S’inscrivant dans l’effervescence des discussions contemporaines, tantôt rationnelles, tantôt fantasmatiques, portant sur le déploiement d’un ensemble d’innovations dans les technologies de l’information (progrès de l’algorithmique et intelligence artificielle, prolifération des données massives, etc.) – une frénésie considérablement stimulée dans le débat public par la mise en circulation du chatbot d’intelligence artificielle générative ChatGPT par OpenAi à la fin 2022 -, le récent ouvrage de Jonathan Durand Folco et Jonathan Martineau, Le capital algorithmique (Ecosociété, 2023), entend proposer une théorie critique des algorithmes. Pour ce faire, les auteurs entendent rompre avec une perspective techniciste, qui considèrerait les technologies algorithmiques de manière indépendante – comme si le développement les propulsant répondait uniquement d’une logique technoscientifique autonome, en parfaite situation d’apesanteur…
Auteur: redaction

