À mesure que les véhicules électriques remplacent les moteurs thermiques et que les réseaux énergétiques se couvrent d’éoliennes, de panneaux solaires et de batteries, une nouvelle course mondiale s’accélère. Cette fois, l’enjeu n’est plus le contrôle des puits de pétrole, mais celui des minerais indispensables à la transition énergétique.
Le paradoxe est saisissant. Les ressources censées aider le monde à sortir des énergies fossiles risquent aussi d’alimenter les conflits de demain.
Devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, mercredi, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dressé un constat sans détour. « Les revenus tirés de l’exploitation illicite des ressources naturelles éloignent trop souvent la paix », a-t-il déclaré, évoquant notamment l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où les groupes armés continuent de profiter de l’exploitation illégale des minerais, mais aussi le Soudan, où l’or contribue à financer la guerre.
Pour le chef de l’ONU, la flambée de la demande mondiale crée certes « des opportunités vitales de développement » pour les pays producteurs. Mais elle nourrit également « une intense compétition géopolitique », exerce une pression croissante sur des chaînes d’approvisionnement concentrées et risque d’attiser les violences.
La transition verte peut-elle reproduire les erreurs du passé ?
La question posée par la RDC, qui présidait le débat de mercredi sur les minéraux précieux au Conseil, dépasse largement son propre territoire.
Car derrière chaque batterie de véhicule électrique se cache une interrogation plus vaste : qui bénéficiera réellement de la transition énergétique ?
Pendant des décennies, de nombreux pays riches en ressources naturelles ont exporté leurs matières premières tandis que la transformation industrielle, les emplois qualifiés et les profits étaient captés ailleurs. Pour António Guterres, ce…
Auteur: Nations Unies FR

