La France insoumise (LFI) tente de compenser son manque d’ancrage territorial. Certaines figures identifiées du public, comme David Guiraud et Sébastien Delogu, se positionnent en vue des municipales. Y a-t-il un changement stratégique ?
Gilles Candar : LFI ambitionnait déjà en 2020 de gagner certaines villes, même si les insoumis ont plus généralement soutenu des listes citoyennes. Ça n’avait pas vraiment fonctionné. Ce mouvement n’a eu que très peu d’élus municipaux. Aujourd’hui, ils tentent de s’affûter pour 2026 et pas seulement parce que la présidentielle aura lieu un an plus tard. À gauche, l’ancrage municipal est important pour la pérennité d’une formation. Au-delà de la présidentielle, LFI doit penser à son avenir. Ces municipales sont vitales pour que ce mouvement perdure.
Avec l’audience obtenue à la dernière présidentielle, aux législatives et aux européennes, les insoumis ont des espoirs. Mais ils doivent faire face à un dilemme : faut-il assumer pleinement la confrontation à gauche ou tenter de nouer des accords et jouer le jeu de l’unité ? Lors des sénatoriales, les insoumis avaient opté pour la deuxième option, mais les socialistes, les écologistes et les communistes n’y étaient pas favorables. Donc les insoumis pourraient aussi choisir la première voie.
Est-ce que les prochaines municipales pourraient fragiliser le Nouveau Front populaire (NFP) ?
Le socialisme et le communisme municipaux existent encore d’une certaine façon et se font toujours concurrence. Dans l’histoire, il y a toujours eu des affrontements fratricides au sein de la gauche : récemment encore, les écologistes et les socialistes se sont opposés fortement…
Auteur: Lucas Sarafian

