« Les narcotrafiquants veulent fermer les quartiers, ouvrons-les avec les habitants ! »

Le narcotrafic ne se combattra pas à coups d’amendes ni par une fuite en avant exclusivement répressive. L’expérience internationale est claire : croire que l’on viendra à bout d’économies criminelles puissantes, organisées et profondément enracinées par la seule coercition est une illusion. Des décennies de « guerre contre la drogue », notamment sur le continent américain, ont montré les limites – et parfois les effets pervers – du tout-sécuritaire.

Ce que nous affrontons aujourd’hui n’est plus un simple problème de délinquance, mais un phénomène systémique qui fragilise l’économie légale, les services publics et la cohésion démocratique. À Marseille, dans le quartier de Saint-Mauront, l’arrêt du site d’Orange pendant quinze jours n’est pas un fait divers. C’est un signal d’alarme. Quand le narcotrafic impose son calendrier à une entreprise, ce n’est plus seulement la sécurité qui recule : c’est l’État de droit.

Quand l’économie légale recule, l’économie criminelle avance

Malgré les dispositifs de protection, la peur demeure. Elle dit une chose simple : dans certains territoires, l’économie légale survit sous pression. D’autres pays ont connu cette bascule plus tôt, notamment là où les réseaux criminels ont appris à s’infiltrer dans les ports, la logistique et les circuits commerciaux, jusqu’à brouiller la frontière entre économie licite et illicite.

Paris n’est pas épargné. Le déménagement annoncé de sites de BNP Paribas installés près du quartier de Rosa Parks, dans le 19e arrondissement, mitoyen de la Seine-Saint-Denis, en dit long. Là encore, l’insécurité chronique pousse les entreprises à partir. Or, partout où l’économie légale recule, l’économie criminelle avance. C’est un mécanisme bien documenté à l’échelle internationale : les quartiers désertés deviennent des espaces fragilisés, propices à…

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