Les Naturalistes des terres, « déters » à passer à l’action

« Nous sommes les témoins directs du silence qui progresse », déclaraient les Naturalistes des terres dans leur appel publié en février 2023 dans la revue Terrestres et le média Reporterre. Depuis plus d’un an, ils ont décidé de sortir du bois et de passer de l’observation à l’action au sein des luttes locales qui pullulent sur le territoire. Lors d’une rencontre réunissant des naturalistes, des militants écolos, et des chercheurs et chercheuses en écologie, deux questions majeures éclosent : ne serait-il pas temps de créer une nouvelle force naturaliste en dehors des cadres institutionnels ? Sommes-nous si nombreux que ça à penser ainsi, à vouloir agir ainsi ?

Ils mettent alors en ligne une carte collaborative pour se compter, se localiser, se motiver. Celle-ci recense actuellement près de 1 200 naturalistes, professionnels ou amateurs, prêts à s’investir dans les luttes près de chez eux. « Ce collectif permet de leur dire que cette impuissance ressentie globalement par les naturalistes dans les bureaux d’études, les associations de protection de l’environnement, des comités scientifiques, des institutions n’est pas une fin en soi. Il y a d’autres façons d’être naturalistes », explique Torcol*, qui a travaillé pendant quelques années à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et est aujourd’hui paysan naturaliste.

*

Les personnes citées ont préféré utiliser un pseudonyme, en choisissant une espèce qui leur tient à cœur. Une pratique courante chez les Naturalistes en lutte.

« Tous les ornithologues plus âgés qui m’ont formé ressentent énormément de tristesse car ils ont véritablement vu, vécu la destruction du vivant !, ajoute Merle*. Sans outil politique pour comprendre et…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Vanina Delmas