La France, et l’Occident en général, sont dans une phase de fascisation avancée. Le nouveau délire autour d’un immense complot musulman à partir d’un rapport d’une enquête sur les Frères musulmans (environ 5 000 personnes en France), complot qui viserait à subvertir les institutions pour faire de la France une république islamique où la charia remplacerait le droit, en est une des dernières manifestations les plus inquiétantes, tendant au délire collectif et au racisme de masse.
Avant le complot “islamo-gauchiste”, le complot « judéo-maçonnique » et « judéo-bolchevique »
Lorsque l’on entend parler du complot “judéo-maçonnique” ou “judéo-bolchevique” aujourd’hui on sourit parfois face à la débilité de ces concepts, ou bien on est saisi d’une sorte d’angoisse à se dire qu’autant de gens aient pu croire à de telles balivernes, puis on se rassure en se disant qu’il n’y a plus que quelques hurluberlus d’extrême droite pour y adhérer aujourd’hui.
Pourtant, à l’époque, ces thèses, bien que portées par l’extrême droite, furent largement épousées et reprises par de larges parts du corps social. La droite et le centre y adhéraient aussi, ou du moins les toléraient largement. Elles n’étaient pas promues que par des obscurs inconnus excentriques mais par des personnes disposant de tous les apparats de la légitimité : scientifiques reconnus, universitaires sérieux, industriels, politiques de premier plan…
L’historien du nazisme Johann Chapoutot attribue l’invention du “complot judéo-maçonnique” à l’abbé Augustin Barruel dans ses Mémoires pour servir à l’histoire du jacobinisme (1799) qui rend notamment responsable les francs-maçons et les Juifs de la révolution française.
À partir de la révolution russe, la bourgeoisie et l’extrême droite vont assimiler l’agitation révolutionnaire aux Juifs, c’est ainsi que naît le complot…
Auteur: Rob Grams

