Depuis le début du second mandat de Donald Trump, en janvier 2025, les États-Unis ont multiplié les coups de boutoir contre l’architecture de l’aide publique au développement et de la santé mondiale, qui désigne les efforts menés à l’échelle internationale pour améliorer la santé des populations et réduire les inégalités.
Dissoudre l’USAID, l’Agence des États-Unis pour le développement, sabrer les programmes de santé mondiale, supprimer les financements destinés à la planification familiale et à la santé reproductive, se retirer des cadres multilatéraux dont l’Organisation mondiale de la santé, étendre la « règle du bâillon mondial » sont autant de décisions qui traduisent un désengagement du principal donateur pour la santé mondiale. Les effets sont déjà tangibles. Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, des systèmes de santé, dépendants des financements extérieurs, vacillent et sont au bord de la rupture.
Loin de relever de simples ajustements conjoncturels, ces décisions participent d’une stratégie planifiée de reconfiguration du paysage sanitaire mondial. Celle-ci se caractérise par un double mouvement. D’abord, le retrait progressif des dispositifs multilatéraux, des institutions internationales, des conventions et des traités. Ensuite, une refonte des espaces laissés vacants autour de cadres d’action bilatéraux, centralisés et étroitement alignés sur les priorités idéologiques et les intérêts commerciaux et stratégiques américains.
L’aide se met au service d’intérêts nationaux
La basculement du multilatéralisme vers le bilatéralisme se manifeste clairement dans l’America First Global Health Strategy. Ce document fixe le cap de la nouvelle politique sanitaire étasunienne et marque une rupture nette avec vingt ans de gouvernance multilatérale. Jusqu’en 2024, la première puissance mondiale se positionnait en cheffe de file de la santé globale. Diplomatie…
Auteur: Aurélie Leroy

