Marmande (Lot-et-Garonne), reportage
Marmande, ville de 17 000 habitants dans l’ouest du Lot-et-Garonne, est au cœur d’un arbitrage ferroviaire. Si la LGV Bordeaux-Toulouse était construite, la sous-préfecture du département perdrait gros : l’actuel train Intercités Bordeaux-Marseille ne s’arrêterait plus dans la cité de la tomate.
Ce train qui relie l’Atlantique à la Méditerranée ne s’y arrête déjà plus que 2 fois par jour, contre 5 arrêts quotidiens en 2020. « La SNCF a supprimé ces arrêts pour gagner six minutes sur la ligne, alors qu’elle accumule de nombreux retards », ironise le maire, que la situation n’amuse pas beaucoup.
« Cette ligne est un cordon vital pour nous »
« L’an dernier, le ministre des Transports m’a dit par courrier qu’il n’y aurait plus d’Intercités en gare de Marmande, car ils avaient vocation à emprunter la nouvelle ligne Bordeaux-Toulouse », poursuit-il.
L’élu du Parti socialiste, candidat à sa réélection dans la sous-préfecture du Lot-et-Garonne, défend sa ville : « Cette ligne est un cordon vital pour nous, elle nous permet d’exister entre Bordeaux et Agen, toutes les deux à une demi-heure via l’Intercités. »
Ce dernier est dans une position délicate : « Je n’ai jamais été opposé à la LGV, mais ça ne doit pas se faire au détriment des investissements sur notre ligne existante. »
16 minutes de différence
Sur le parvis de la gare le 28 janvier, les opposants à la LGV ont présenté un argumentaire similaire : « L’avenir est ici, a clamé Raymond Girardi, président de la communauté de communes des Coteaux et landes de Gascogne, en introduction. La gare de Marmande, c’est le train du quotidien. »
Les élus et associations favorables à une solution alternative ont à nouveau défendu la modernisation des voies existantes. Une position tenue depuis 2011, date de publication d’une étude réalisée par le cabinet…
Auteur: Nicolas Beublet

