Les oubliés de la crise agricole : pas de droit de séjour pour les saisonniers étrangers ?

En février 2024, quelques mois après l’adoption de la très médiatisée loi Immigration est parue une instruction ministérielle. Celle-ci ouvre une voie spécifique d’admission exceptionnelle au séjour des salariés employés, sans titre de séjour, dans des métiers et zones géographiques caractérisées par des difficultés de recrutement. Affichant la volonté du gouvernement de « favoriser le travail comme facteur d’intégration », elle ménage à la fois les garanties données aux agriculteurs, particulièrement concernés par l’embauche d’ouvriers saisonniers étrangers, et les gages destinés aux partis de droite et d’extrême droite.

Rappelons que le statut de travailleurs « saisonniers », précaire, mène à des situations d’exploitations et à de nombreux abus.

Engagée temporairement, cette main-d’œuvre étrangère est reconduite chaque année dans les entreprises utilisatrices, souvent car à titre révocable.

Initialement programmé après-guerre pour pallier l’insuffisance d’ouvriers agricoles suite à l’exode rural, l’emploi des saisonniers étrangers dans l’agriculture française s’est d’abord organisé sur la base d’accords de main-d’œuvre bilatéraux : avec l’Italie en 1951, l’Espagne en 1961, le Maroc, la Tunisie et le Portugal en 1963, la Yougoslavie en 1965…

Ces « contrats d’introduction » à l’époque délivrés par l’Office des migrations internationales (OMI), sont aujourd’hui délivrés par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). Ils donnent à leurs titulaires le droit d’entrer travailler en France sur une période ne pouvant excéder 6 mois consécutifs sous réserve d’un impossible recrutement local. Depuis les années 1970, ces contrats sont largement utilisés par les entreprises agricoles françaises et leur système a peu été remis en cause au cours du XXe siècle.

Cartes…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Gaëlla Loiseau, Anthropologue, Inrae

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