Des affiches de campagne sans logo, des professions de foi expurgées de toute référence à un quelconque parti, des slogans dépourvus de connotation politique. La tendance semble claire pour les candidats aux élections municipales des 15 et 22 mars : s’éloigner le plus possible des querelles partisanes nationales. Rien de surprenant dans les petites communes, où le vivier restreint de candidats oblige historiquement à constituer des listes qui transcendent les clivages. Mais, cette année, les grandes villes n’échappent pas à cette volonté d’éclipser les enjeux nationaux.
« Beaucoup d’observateurs de terrain font remonter ce constat, confirme Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Le contexte politique national, confus et chaotique, explique ce choix de ne pas se référer aux partis politiques. D’autant que ces derniers ont perdu leur aptitude à parler aux gens. » En effet, à peine 15 % des Français font confiance aux partis, d’après le baromètre 2026 de la confiance politique du Cevipof. Loin du crédit accordé à la figure du maire (60 % des sondés).
Des figures nationales « sans étiquette »
Plus frappant encore, « l’absence d’engagement des poids lourds de la politique national, hormis pour le Rassemblement national et La France insoumise, poursuit Bruno Cautrès. On ne connaît donc rien de leur programme, de leur vision du rôle d’une mairie, de leur position sur les…
Auteur: Christian Mouly

