Les pays africains ont perdu le contrôle au profit de sociétés minières étrangères : les trois étapes qui ont permis cela

Quelques années après les indépendances, les gouvernements africains ont affirmé leur souveraineté sur leurs ressources métalliques et minérales. Auparavant, les ressources étaient exploitées par des sociétés minières européennes. Depuis les années 1990, les sociétés transnationales en tant que propriétaires et gestionnaires de grands projets miniers sont redevenues la force dominannte.

Ben Radley a fait des recherches sur les transformations économiques en Afrique centrale, en se concentrant particulièrement sur l’industrialisation basée sur les ressources. Dans cet extrait de son nouveau livre, Disrupted Development in the Congo : The Fragile Foundations of the African Mining Consensus, il soutient que le retour des transnationales s’est fait en trois étapes. Il commence par la lecture erronée qu’on fait de la stagnation économique africaine à partir du milieu des années 1970. La cession de la souveraineté sur les ressources a été rendue possible par la pathologisation de l’État africain et la diabolisation des exploitants miniers africains.

Première étape : blâmer l’État africain

En République démocratique du Congo (RDC), le président Joseph-Désiré Mobutu a, dès le début, pris des mesures pour placer les ressources sous le contrôle de l’État. La Loi Bakajika de juin 1966 exigeait que toutes les sociétés étrangères établissent, avant la fin de l’année leur siège social en RDC, alors connue sous le nom de Zaïre. En outre, la plus grande filiale minière coloniale appartenant à la Belgique, l’Union minière de Haut Katanga, a été nationalisée la même année. Elle devient la Générale des carrières et des mines (Gécamines). En 1970, le secteur public congolais contrôlait 40 % du revenu national.

La nationalisation n’a pas eu d’effets négatifs immédiats. En RDC, la production de cuivre a augmenté régulièrement entre 1960 et 1974, passant d’environ 300 000 tonnes à 500 000 tonnes. Au cours…

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Auteur: Ben Radley, Lecturer in International Development, University of Bath