« Les personnes handicapées n’ont pas accès à leurs droits les plus élémentaires »

La non-discrimination et le libre choix. Le 11 février 2005, la loi pour l’égalité des droits et des chances, la participation à la citoyenneté des personnes handicapées était publiée au journal officiel. Vingt ans plus tard, si des dispositifs ont été créés, les inégalités persistent largement. 35 % des 736 gares SNCF restent inaccessibles. Moins de 20 % des logements neufs en habitat collectif pourront accueillir des personnes à mobilité réduite. 56 % des personnes handicapées ont des difficultés à se loger (deux fois plus que pour la population générale). Le taux de chômage est, lui, deux fois plus élevé que le reste de la population. Béatrice Pradillon, cofondatrice du collectif féministe et antivalidiste, Les Dévalideuses, revient sur ce manque d’ambition politique.

Lorsqu’elle a été conçue, la loi de 2005 sur le handicap avait été beaucoup saluée. Mais elle n’a rapidement plus été appliquée. Que s’est-il passé ?

Béatrice Pradillon : Les objectifs initiaux étaient très ambitieux. On parlait de libre choix face au projet de vie des personnes handicapées, c’est-à-dire de laisser la possibilité aux personnes handicapées de vivre, s’éduquer, travailler comme elles le souhaitaient. Le texte s’est confronté très rapidement à l’immensité du chantier. Mais aussi à la place revendiquée par les associations gestionnaires qui ont la mainmise sur tout le secteur du handicap. Ce sont des structures qui règnent en monopole, de l’enfance à l’âge adulte. Elles bénéficient d’un très fort appui politique et n’ont aucun intérêt financier à faire sortir les personnes handicapées de ce système.

Toutes les personnes handicapées devraient avoir le droit de vivre en autonomie.

Que font exactement les associations gestionnaires et pourquoi, selon vous, elles sont problématiques dans l’accompagnement des vies des personnes…

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Auteur: Hugo Boursier

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