Les phoques du Mont-Saint-Michel, victimes collatérales du surtourisme

Mont-Saint-Michel (Manche), reportage

Cinq jeunes phoques abandonnés par leur mère, dont un n’a pas survécu : c’est le terrible bilan du mois de juin aux alentours du Mont-Saint-Michel. Il a poussé l’établissement public du Mont-Saint-Michel (EPMSM) à lancer un appel à la vigilance aux visiteurs en cas de rencontre avec un phoque autour du site, alors que l’affluence ne cesse de croître, pour atteindre près de 3 millions de visiteurs par an, multipliant les nuisances pour les mammifères marins. Bien que ces abandons soient multifactoriels, ces derniers ne sont pas au bout de leurs peines, puisque les autorités locales ne semblent pas prêtes à tenter de contenir la fréquentation du site, bien au contraire.

« Notre principale difficulté, c’est de sensibiliser les visiteurs d’une journée. Pour une simple photo, ils peuvent être tentés de s’en approcher et c’est impossible dans ce cas de ne pas les déranger, souligne Audrey Hemon, responsable environnement pour le Mont-Saint-Michel. Certains pêcheurs à pied peuvent être amenés à croiser des couples mères-jeunes. Si la mère prend peur, son réflexe sera de partir et le petit ne peut pas toujours la suivre. »

En moyenne, 18 % des juvéniles sont abandonnés par leur mère dans la baie ces dernières années selon l’établissement public et, en 2025, 23 naissances ont été détectées pour 5 échouages sur la centaine de phoques veaux-marins et de phoques gris du secteur. « Ce taux d’abandon est important et sensiblement le même qu’en baie de Somme, note Audrey Hemon. En baie des Veys [également en Normandie, mais dans une zone peu fréquentée], ils sont autour de 2 à 3 % sur la même série interannuelle, ce qui nous fait dire que l’humain participe à ces chiffres. »

Pris en charge dans un centre d’accueil au Havre et à Brest, les phoques peuvent aussi être perturbés par les groupes de visiteurs… emmenés par un guide….

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Auteur: Guy Pichard