« Je venais de finir mon cycle de règles deux jours avant et après exposition, le lendemain, j’ai eu d’énormes douleurs et de gros saignements. »
Comme Camille, de nombreuses femmes rapportent des perturbations menstruelles après avoir été exposées aux gaz lacrymogènes.
Maëva, 20 ans, raconte une expérience similaire : « Après m’être fait gazer par des lacrymogènes à plusieurs reprises, mes règles se sont déclenchées le lendemain. Elles étaient dix fois plus douloureuses qu’habituellement. Plusieurs de mes amis ont eu la même chose que moi. »
Pour la jeune femme, aucun doute : « Ça ne m’était jamais arrivé avant, je sais pertinemment que ce n’était pas dû à une cause naturelle. »
Ces récits sont loin d’être isolés. Depuis sa création, le 8 octobre, le collectif Lacrymos de sang tente de documenter les conséquences gynécologiques des expositions aux gaz lacrymogènes.
« Depuis le 8 octobre, on a récolté presque 6 000 témoignages », explique sa fondatrice, Eva-Luna Tholance, également autrice d’une enquête publiée par StreetPress en 2020.
Source : Lacrymos de Sang
« Les pires douleurs de leur vie »
Crampes utérines, douleurs ovariennes, saignements entre les règles, cycles avancés ou retardés : les symptômes décrits présentent des similitudes. Certaines personnes rapportent même un retour de saignements après la ménopause ou sous traitement hormonal.
« On a plusieurs personnes qui nous ont dit que c’étaient les pires douleurs de leur vie », raconte Eva-Luna Tholance. Parmi elles, des personnes atteintes d’endométriose, pourtant habituées à des menstruations particulièrement douloureuses.
Le collectif, composé d’une dizaine de bénévoles, dont trois professionnels de santé, cherche désormais à analyser ces témoignages. Mais sa fondatrice reconnaît les limites de la démarche : « C’est un questionnaire qui a été fait dans l’urgence. »
Les données…
Auteur: Axel Guerillot
