Des résidents expulsés de leur logement, en juillet 2017 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Photo Marco Longari. AFP
Des résidents expulsés de leur logement, en juillet 2017 à Johannesburg, en Afrique du Sud. Photo Marco Longari. AFP

les plus riches touchent les étoiles, les plus pauvres restent cloués au sol

Comme chaque année depuis 2014, Oxfam a publié son rapport annuel sur les inégalités dans le monde. Ils ne sont que 2 153 milliardaires et possèdent autant que 4,6 milliards de personnes. Les femmes sont plus touchées par la pauvreté.

C’est une image carrément hallucinante. «Si chaque personne s’asseyait sur ses richesses sous la forme de billets de 100 dollars empilés les uns sur les autres, la plus grande partie de l’humanité serait assise sur le sol. Une personne de la classe moyenne vivant dans un pays riche serait assise à la hauteur d’une chaise. Les deux hommes les plus riches du monde se retrouveraient dans l’espace.» Cette représentation est celle de l’ONG Oxfam qui vient de publier son dernier rapport annuel sur les inégalités dans le monde.

Loin de se résorber, les inégalités mondiales ne cessent de se creuser. La planète compte 2 153 milliardaires, rien comparé aux 7 milliards de Terriens. Des milliardaires qui possèdent néanmoins l’équivalent de la richesse de 4,6 milliards de personnes, soit 60% de la population mondiale. Et si l’on prend le top du top, les 1% les plus riches, leur abondance est égale à celle de 92% de la population mondiale. Des chiffres qui dépassent l’entendement.

Une fiscalité favorable aux plus riches

A contre-courant d’un discours dominant, selon lequel l’enrichissement des milliardaires favoriserait celui des populations moins riches (certains parlent de «ruissellement»), le rapport d’Oxfam démontre le contraire. Ceux en haut de la pyramide s’approprient des richesses au détriment du reste de la population mondiale. Pour preuve : dans les pays du G7, le salaire moyen a augmenté de 3% entre 2011 et 2017. Sur la même période, les dividendes versés aux actionnaires et autres investisseurs ont augmenté de 31%.

En cause, des politiques fiscales qui profitent aux plus fortunés. «On a deux tendances lourdes, explique Pauline Leclere, porte-parole d’Oxfam France. Les impôts régressifs, comme la TVA, explosent, alors qu’ils touchent particulièrement les plus pauvres et alors même que l’impôt sur le revenu devient de moins en moins progressif.» En France, la réforme fiscale de 2017 qui a supprimé l’impôt sur la fortune (ISF) en est un exemple. Selon les calculs d’Oxfam, l’impôt sur la fortune au niveau mondial ne représente qu’un minuscule 4%.

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