Dans l’océan, l’attention des humains ne se porte pas nécessairement vers ceux qui en ont le plus besoin. C’est ce que met en lumière une étude publiée le 17 juillet dans la revue Science Advances. Ses auteurs montrent que les poissons de récif les plus menacés sont également les plus ignorés par les scientifiques et le grand public. Notre intérêt se focalise en grande majorité sur les espèces considérées comme « belles » ou intéressantes économiquement. Au risque de laisser d’autres poissons, moins charismatiques mais essentiels, disparaître en silence.
L’équipe de scientifiques est parvenue à cette conclusion en collectant des données obtenues sur des réseaux sociaux (Twitter, Flickr), des encyclopédies en ligne (Wikipedia), ou encore des bases de données universitaires (Scopus, Google Scholar, Web of Science) et dédiées aux poissons (FishBase). 2 408 espèces de poissons de récif marin ont été prises en compte dans leurs recherches.
Maquereaux, thons… sont énormément étudiées par les scientifiques
En analysant les statistiques de consultation de leurs pages Wikipedia, ainsi que le nombre de fois où elles étaient mentionnées dans des articles universitaires et sur les réseaux sociaux, les chercheurs ont pu mesurer l’attention accordée à chacune d’entre elles par les humains.
Ils ont constaté de grandes disparités. Sur Wikipedia, par exemple, les pages consacrées aux 2 408 espèces étudiées cumulent de 17 millions de vues. La moitié de ces recherches ne concerne pourtant que 7 % de ces poissons de récif. 1 % d’entre eux concentrent, à eux seuls, un cinquième des consultations. Ces inégalités de traitement sont encore plus criantes dans le domaine de la recherche. La moitié des publications scientifiques portent sur seulement 1 % des espèces étudiées.
L’aire de vie des poissons semble jouer un rôle important : plus la zone de répartition géographique d’une espèce…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Hortense Chauvin

