Déséquilibre entre croissance et oxygène
C’est une loi de la nature et un constat établi depuis le 19e siècle par la loi de Bergmann : les espèces sont plus petites là où il fait plus chaud. Alors, intuitivement, le changement climatique devrait les rétrécir.
Une étude parue dans Science est la première à dresser ce constat en analysant les variations de tailles entre espèces et au sein des espèces. La hausse des températures et le manque d’oxygène des océans auraient un impact plus important que prévu et provoqueraient le rétrécissement de centaines d’espèces de poissons, des modifications de leurs habitudes alimentaires et des déplacements de leurs aires de répartition, compromettant leur survie et les activités de pêche qui en dépendent.
L’oxygène est le carburant du corps des poissons. L’augmentation de la température de l’eau accélère le métabolisme de ces animaux à sang froid, augmentant ainsi leur besoin énergétique. Or, les ressources en oxygène sont moins importantes quand il fait plus chaud. Conséquence : leur corps s’adapte en réduisant sa taille, puisqu’un corps plus petit a besoin de moins d’oxygène.
« Cela peut induire une sélection des individus plus petits qui survivent mieux, et peut aussi affecter le ratio de sexe des poissons » commence Bill François, biophysicien et naturaliste, pour La Relève et La Peste.
« Nous avons découvert que la taille du corps des poissons diminue de 20 à 30 % par degré supplémentaire dans la température de l’eau » explique William Cheung, professeur en biologie marine à l’Université de la Colombie-Britannique, co-auteur de l’étude, et directeur du département des sciences pour le programme Nereus de l’organisation Nippon Foundation.
« Le corps des poissons grandissant plus rapidement que leurs branchies, les animaux finiront par ne plus avoir suffisamment d’oxygène nécessaire à leur croissance normale » complète Daniel…
Auteur: Chloe Droulez

