Besoin de vous rafraîchir ? Optez pour un voyage vers les terres polaires. Un matin en Islande, le lendemain au Svalbard, puis au-dessus de la calotte glaciaire du Groenland, et bientôt en Alaska : un programme de vingt-trois jours, 8 vols et 9 hôtels. « Un tour du monde dans le Grand Nord inédit, au milieu d’une nature encore vierge », vante sur sa brochure l’agence Connaisseurs du voyage, spécialiste des croisières aériennes. Le concept ? Un avion privé transporte un petit groupe de voyageurs d’une étape polaire à l’autre, à la manière d’un navire de croisière.
Mais pour survoler la banquise et observer les icebergs depuis un hublot, il faut compter au minimum 27 000 euros. Le coût du voyage se retrouve aussi dans son bilan carbone : entre 15 et 25 tonnes de CO2 par passager, soit plus du double de l’empreinte carbone annuelle moyenne d’un Français, même si quelques étapes ont été supprimées depuis le début de la guerre en Ukraine, qui complique les liaisons avec la Russie. Un coût carbone qui interroge, particulièrement en ces temps de canicule due au changement climatique. Sollicitée, l’agence n’a pas souhaité répondre aux questions de Reporterre.
« C’est un non-sens total », estime l’explorateur Matthieu Tordeur, qui dénonce « un tourisme de luxe où l’on enchaîne nappes blanches et couverts en argent tout en consommant des quantités massives de carburant ». Membre de la Société des explorateurs français, il participe à des expéditions scientifiques afin d’étudier les effets du dérèglement climatique dans les régions polaires et d’alerter sur l’urgence de les préserver.
Des régions polaires gagnées par le tourisme
Alors que l’Arctique se réchauffe près de quatre fois plus vite que le reste de la planète, le tourisme dans le Grand Nord a fortement augmenté ces dernières années. En Islande, le nombre de visiteurs internationaux, arrivant par…
Auteur: Sarah Costes

