La rénovation énergétique des bâtiments est l’un des principaux leviers pour lutter contre le changement climatique, tout en réduisant la facture énergétique des ménages. Mais ces travaux sont coûteux, et les États ont, assez tôt, cherché à les accompagner dans le secteur résidentiel. Que sait-on de l’efficacité de ces politiques publiques ?
Depuis quatre décennies, les pays développés mettent en place des programmes de promotion de la rénovation énergétique des bâtiments à vocation résidentielle. En 2021, en France, 2,7 millions de logements ont ainsi bénéficié d’une des quatre principales aides à la rénovation énergétique, selon les données officielles du ministère de l’aménagement du territoire et de la transition écologique.
L’idée sous-jacente est de faire d’une pierre deux coups : réduire l’impact environnemental des logements, notamment en matière de réchauffement climatique, tout en diminuant la facture énergétique des ménages.
En effet, les bâtiments comptent pour 30 % de la consommation mondiale d’énergie finale et pour 26 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l’énergie – 18 % si on se limite aux seules émissions indirectes dues à la production d’électricité et de chaleur à destination des logements, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de 2024. En 2022, la dépense en énergie représentait 9,5 % du budget des ménages français, d’après les chiffres clés de l’énergie publiés par le gouvernement.
Les travaux d’évaluation de ces programmes se sont multipliés mais ils restent hétérogènes, tant dans leurs méthodes que dans leurs résultats. Quelle synthèse peut-on en faire aujourd’hui et quelles recommandations de politique publique en tirer ?
Des politiques publiques nées des chocs pétroliers
Comme l’identifie de rapport de 2024 de l’AIE, il y a bien longtemps que des politiques publiques sont…
Auteur: Marc Baudry, Professeur des Universités en Sciences Economiques, Responsable du pôle "tarification du CO2 et innovation bas carbone" à la Chaire Economie du Climat, Université Paris Nanterre – Université Paris Lumières

