Les pompiers davantage exposés à des risques de cancers

14 septembre 2021 à 09h42,
Mis à jour le 14 septembre 2021 à 09h59

Durée de lecture : 5 minutes

Pollutions
Santé

Amiante, arsenic, polychlorobiphényles (PCB), hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), acide sulfurique… Les pompiers mobilisés lors des attentats du World Trade Center aux États-Unis, le 11 septembre 2001, ont fortement été exposés à des substances cancérigènes. Une étude parue le 10 septembre dans la revue Occupational and Environmental Medicine révèle qu’ils ont eu 13 % de probabilité en plus de développer un cancer que les soldats du feu n’étant pas intervenus ce jour-là.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs du Albert Einstein College of Medicine de New York et le World Trade Center Health Program ont suivi sur quinze ans, jusqu’en 2016, 10 786 pompiers mobilisés durant les attentats et 8 813 autres qui ne sont pas intervenus. Ils ont comparé ces deux groupes à la population américaine, en prenant en compte l’historique de tabagisme des pompiers et le biais de surveillance associé au suivi. Le groupe de pompiers intervenu à la suite du 11-Septembre a en effet fait l’objet d’une surveillance médicale bien meilleure que la population générale. Le diagnostic d’un cancer durant la durée de l’étude était donc bien plus probable.

Celle-ci complète un précédent rapport mené par les mêmes auteurs jusqu’en 2009, qui avait déjà démontré que les pompiers présents lors des attentats du 11-Septembre avaient un risque accru de développer un cancer de la thyroïde et de la prostate. Cette nouvelle étude conforte ces résultats et ajoute un risque plus élevé de développer tout type de cancer, comme celui de la peau (mélanome) ou du système lymphatique (lymphome non hodgkinien). C’est toutefois surtout le cancer de la prostate qui a été majoritairement diagnostiqué entre 2008 et 2012.

Trois pompiers de la ville de New York devant un immeuble en feu à la suite de l’attaque terroriste du 11-Septembre contre le World Trade Center. Library of Congress/Prints & Photographs Division/Unattributed 9/11 Photographs/CC0/2002719369/LC-DIG-ppmsca-02153

Des composés encore présents dans l’environnement

Ces cancers sont potentiellement dus à l’exposition accrue de ces pompiers à des polychlorobiphényles (PCB), des composés chimiques toxiques, écotoxiques et reprotoxiques. C’est la nature reprotoxique, en tant que perturbateur du métabolisme des hormones sexuelles masculines, qui pourrait être à l’origine de ces cancers de la prostate….

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Théo Tzelepoglou Reporterre

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