Les pompiers s'inquiètent de la présence de PFAS dans leurs tenues et demandent « un plan de retrait »

Cet article fait partie de notre Grand FormatPompiers en grève : les raisons de la colère

Arnaud Mougin-Pennetier, sapeur-pompier professionnel en Loire-Atlantique, est représentant national en charge de la « santé-sécurité » au sein du syndicat SUD-Sdis national. Il a suivi le diplôme universitaire « cancer, travail & environnement » proposé par l’université d’Avignon en collaboration avec le Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle et environnementale dans le Vaucluse (Giscope 84) .

Classées cancérogènes depuis 2022, les fumées d’incendie auxquelles sont exposés les pompiers réduisent leur espérance de vie de plusieurs années – entre sept et dix ans, selon les études.

Basta! : Les sapeurs-pompiers sont exposés à de nombreux risques chimiques, parmi lesquels les PFAS. Pouvez-vous détailler les sources d’exposition à ces composés chimiques, dont plusieurs sont cancérogènes et reprotoxiques ?

Arnaud Mougin-Pennetier : La première fois que l’on a entendu parler de PFAS chez les pompiers, c’était à propos des émulseurs utilisés pour éteindre les feux. L’inquiétude se concentrait d’abord sur l’environnement, impacté par les eaux de ruissellement chargées de PFAS contenus dans ces émulseurs et la décomposition des mousses. Un vaste plan de retrait a été décidé à la suite d’études attestant de la présence de résidus de PFAS dans les milieux naturels après des interventions de pompiers. Mais rien n’a été prévu côté santé. Qu’en est-il pour les pompiers et le personnel administratif et technique qui ont manipulé et utilisé ces émulseurs pendant des années ? Nous aimerions qu’il y ait un suivi spécifique sur ce point, y compris pour le personnel parti à la retraite.

Le peu d’intérêt porté à la santé des sapeurs-pompiers se vérifie aussi avec la loi de janvier 2026, qui exclut de l’interdiction…

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Auteur: Nolwenn Weiler