Faisons donc comme si je savais à qui je m’adressais, à la mode d’Aragon dans son Traité du Style, en 1928, période coloniale : « Je m’adresse aux gouvernements : Gouvernements… mais c’est en vain ils ne pensent qu’à leur bifteck. Ils ont bouffé du Chinois toute l’année, maintenant ils ont mal au cœur et chicotent pour cure-dents des insurgés et des grévistes. » Dans le meilleur ou dans le pire des cas, l’un des officiers dans l’une des officines du gouvernement français, millésime 2023, repêchera cette nouvelle bouteille à la mer et fera montre d’assez de zèle pour expertiser et classifier le message qu’elle contient, qui n’est pourtant pas un appel au secours, voire pour le faire « remonter ».
Sans plus attendre, le contenu dudit message : « Gouvernements, vous parlez trop et, en quelque sorte, vous nous saoulez » (ou vous communiquez trop, parce que vous ne dites pas grand-chose en définitive, mais vous le relayez et le délayez copieusement et nous nous retrouvons souvent poisseux de ce langage que vous tenez). L’affaire est entendue : vous êtes les dépositaires et les garants de l’ordre républicain – même si votre premier de cordée ou votre exécutant en chef a de plus en plus de mal à dissimuler la crise d’autorité qu’il traverse depuis toujours, depuis tout môme selon toute vraisemblance, et qui lui pèse épouvantablement sur les nerfs. Mais il ira jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix ou le coût, parce qu’il a le courage de ses réformes capitales et que c’est un brave, avec le pouvoir de commandement : on a bien compris ça aussi. Nous vous avons beaucoup entendu – c’est ce que vous souhaitiez, non ? vous qui n’écoutez pas, qui n’écoutez jamais, mais qui nous serinez sans cesse « ces valeurs cardinales que sont l’écoute et le dialogue », ou quelque chose dans le genre, en allant au contact des Françaises et des Français, etc. Résultat :…
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Auteur: dev

