Une étude menée de 2018 à 2022 sur les ports du Havre, de Marseille et de Dunkerque met en lumière leur performance face aux 49 principaux ports européens. S’ils affichent des indicateurs en deçà de leurs concurrents – taux de navires obligés de passer au mouillage, durée moyenne des escales ou taux moyen de manutention –, leur progression est bien réelle.
La performance des ports est au cœur de la compétitivité économique et logistique d’un pays. Dans un contexte de chaînes d’approvisionnement mondialisées, la fluidité du passage portuaire est un facteur déterminant pour attirer les armateurs, dont une poignée contrôle la quasi-totalité des capacités de transport et les trafics conteneurisés.
Malgré des investissements et des atouts géographiques indéniables, les ports français présentent des performances en retrait par rapport à leurs grands concurrents européens.
C’est ce que montre notre étude menée de 2018 à 2022. À partir des données Automatic Identification System (AIS) et de la plateforme Port Performance de S&P Global, nous avons comparé les performances des trois principaux ports à conteneurs français – Haropa-Le Havre (Seine-Maritime), Marseille-Fos (Bouches-du-Rhône) et Dunkerque (Nord) – à celles des 49 ports européens ayant traité plus de 500 000 équivalents vingt pieds, l’unité de mesure du transport maritime, en 2022.
Croissance du Havre, de Marseille et de Dunkerque
Les trois ports français étudiés présentent des profils contrastés.
Haropa-Le Havre, premier port à conteneurs national, affiche un trafic de 3,01 millions d’équivalents vingt pieds (EVP) en 2022. Soit une croissance de 5 % par rapport à 2018. Marseille-Fos, deuxième, atteint…
Auteur: Arnaud Serry, Maitre de conférences HDR en géographie, Université Le Havre Normandie
