Les précipitations extrêmes sont bien causées par le changement climatique

9 juillet 2021 à 09h13,
Mis à jour le 10 juillet 2021 à 10h47

Durée de lecture : 4 minutes

Climat

Des stations de métro inondées, des toits et des arbres arrachés, des avenues transformées en lac… Tel est le spectacle auquel a assisté impuissante la population moscovite, le 28 juin dernier, après un violent épisode de pluie. Plus de 50 millimètres d’eau sont tombés sur la capitale russe en l’espace d’une journée. Cet évènement est loin d’être un cas isolé : de nombreux épisodes de précipitations extrêmes ont été observés à travers le monde au cours des dernières années. Une étude, publiée le 6 juillet dans Nature Communications, montre que ces évènements ne sont pas uniquement dus à la variabilité naturelle du climat. Les activités humaines, et en particulier les émissions de gaz à effet de serre, ont joué un rôle déterminant.

De nombreux modèles avaient déjà montré que le réchauffement climatique devrait entraîner une intensification des précipitations dans les années à venir. Jusqu’à présent, les scientifiques éprouvaient cependant des difficultés à prouver que cela avait été le cas historiquement. « Étant donné que le monde s’est déjà réchauffé de plus d’un degré Celsius depuis la révolution industrielle, il est logique que des changements dans le cycle de l’eau aient commencé à se produire », dit à Reporterre Gavin Madakumbura, doctorant à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) et coauteur de cette étude.

À mesure que l’air se réchauffe, la quantité de vapeur d’eau qu’il contient augmente

D’autre part, la majorité des études publiées précédemment sur le sujet n’avaient identifié un lien de causalité entre les activités humaines et les précipitations extrêmes qu’à une échelle régionale, et non mondiale. « Afin de détecter une influence humaine, les méthodes utilisées auparavant nécessitaient des bases de données couvrant plusieurs décennies, précise le chercheur. Mais ces bases de données sont rares, et limitées à quelques régions seulement. »

C’est en utilisant un réseau de neurones artificiels (un système informatique inspiré du fonctionnement du cerveau humain) que l’équipe de scientifiques est parvenue à surmonter ces limites. « Cela nous a permis de ne pas nous focaliser uniquement sur les tendances à long terme, et d’utiliser des bases de données relativement plus courtes », précise Gavin Madakumbura. Leurs résultats sont sans appel : un « signal anthropique » a…

La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Hortense Chauvin Reporterre

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