Cet article est publié en partenariat avec la Revue Salamandre.
En ce mois de mars, des bourgeons sont déjà bien visibles sur certains arbres malgré les risques de gelées. Yves Caraglio, botaniste à l’unité mixte de recherche botanique et bio-informatique de l’architecture des plantes (Amap), à Montpellier, explique les raisons qui poussent à un débourrement précoce.
La Salamandre — Pourquoi certains arbres débourrent-ils avant la fin de l’hiver ?
Yves Caraglio — C’est pour partie le fruit d’une longue histoire évolutive des différentes espèces et de leur origine biogéographique, chacune trouvant sa place dans les différents écosystèmes et dans le calendrier saisonnier. Profiter avant les autres de la lumière grandissante avant que le feuillage ne se généralise peut être un avantage. Ou, par exemple, synchroniser son réveil avec l’émergence d’un pollinisateur particulier.
Cela a aussi des risques. Lorsque le débourrement a lieu, l’étalement des feuilles commence et la circulation de la sève redémarre. Et comme les bourgeons protègent les ébauches foliaires du froid, si l’hiver n’a pas dit son dernier mot, les pièces florales et les jeunes pousses peuvent geler.
Comment réagit la plante à cet aléa ?
Elle doit mobiliser des cellules souches constitutives du méristème pour remplacer les parties touchées par le froid. Si ces perturbations se répètent, elles vont induire une consommation énergétique qui peut épuiser le spécimen.
Dans certaines régions, des espèces comme les chênes font naturellement plusieurs pousses sur une saison. Elles sont donc moins pénalisées par ces variations de température. Elles souffrent en revanche davantage du manque d’eau et des sécheresses. Les effets du réchauffement climatique concernent aussi la production fruitière puisque les débourrements précoces restent à la merci d’un…
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