La gauche est diverse, c’est un fait. Il faut même le revendiquer comme une richesse. Mais cette diversité n’a de sens que si elle s’affronte, s’exprime, se met en scène. C’est exactement ce que permettent les primaires. Celle du Parti socialiste en 2011, avec ses meetings et ses débats télévisés, a remis le politique au cœur de la campagne. Celle de 2017 a peut-être été minée par l’implosion du PS, mais elle a permis à Benoît Hamon d’énoncer une série de propositions – revenu universel, transition écologique – qui ont marqué durablement le débat public.
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Mais c’est sans doute du côté des écologistes qu’on trouve l’exemple le plus convaincant. En septembre 2021, la primaire des Verts – organisée par EELV et ouverte à l’ensemble des citoyens – a été une réussite à plus d’un titre. Participation massive : plus de 100 000 votants. Débat riche, parfois tendu, mais toujours politique.
Quatre profils, quatre lignes : Delphine Batho, et sa radicalité décroissante ; Sandrine Rousseau, et son écoféminisme assumé ; Yannick Jadot, sur une ligne écologiste qu’il affirme réaliste ; Éric Piolle, le maire de Grenoble et sa vision municipale de la transformation. C’est cette confrontation-là, franche, respectueuse et ancrée dans des projets, que la gauche devrait retrouver.
En 2027, si la gauche veut peser, il lui faudra davantage qu’un bon programme.
Certes, la « primaire populaire » qui suit en 2022 est un semi-échec. Mais elle dit quelque chose de l’époque. En l’absence d’un espace commun à gauche, c’est la société civile qui tente de l’inventer. Elle veut forcer le rassemblement par…
Auteur: Pablo Pillaud-Vivien

