Serviettes mouillées, brumisateur de fortune… Pour se dérober aux fortes températures, « en prison, il n’y a pas d’échappatoire », témoignaient Jérémie et Alexandre détenus à la prison de Roanne (Loire), joints par téléphone par Reporterre. À chaque vague de chaleur, les personnes incarcérées souffrent. « Pourtant, ça reste un sujet très peu discuté », regrette Prune Missoffe, responsable analyses et plaidoyer à l’Observatoire international des prisons.
D’où l’importance du rapport que publie l’association Notre affaire à tous, spécialiste de la justice climatique et sociale sur les risques climatiques et environnementaux auxquels les personnes détenues sont exposées.
L’équipe s’est basée sur des données officielles, comme le site Géorisques du ministère de la Transition écologique ou les plans de prévention des risques locaux. Elle a détaillé les différents risques encourus dans les 188 établissements pénitentiaires français. Ils sont au nombre de six : canicule, inondation, feu de forêt, submersion marine, tempête, le retrait et gonflement des argiles, qui fait bouger les bâtiments. Les détenus font également face à des risques environnementaux : pollution des sols, proximité avec un site industriel classé, ou avec une voie de transport.
« L’été, la chaleur peut être suffocante »
En Hexagone comme en Outre-Mer, tous les établissements pénitentiaires sont concernés par au moins l’un de ces risques, explique le rapport. Le plus répandu est celui lié aux canicules qui concerne la totalité des centres pénitentiaires français. Dans certains établissements, « l’été, la chaleur peut être suffocante », détaille Dominique Simonnot, contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) dans son rapport d’activités 2023. Il évoque notamment les 50 °C atteint au centre pénitentiaire de Grenoble-Varces (Isère).
Or ces problèmes vont s’aggraver…
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Auteur: Cécile Massin

