LR&LP : Qu’est-ce que la paléoclimatologie ?
Camille Contoux : C’est la science des climats anciens dont nous cherchions à comprendre les mécanismes de changement. Il faut savoir que plusieurs millions d’années avant nous, la planète a connu des climats beaucoup plus chauds qu’aujourd’hui.
Au Miocène, il y a environ 10 millions d’années, et au Pliocène, il y a 3 millions d’années, les taux de CO2 étaient très élevés. Au Pliocène, on constate que la concentration de dioxyde de carbone est de 400 ppm, ce qui est presque le taux actuel. Au Miocène, il était autour de 360 ppm. Il aura fallu plusieurs millions d’années pour augmenter la concentration de 40 ppm, permettant au monde de s’adapter tout doucement.
Aujourd’hui, ce taux augmente trop vite. Quand j’ai commencé ma thèse, on était très en-dessous des 400 ppm, plus proche du Miocène, que du Pliocène. La rapidité engendre un bouleversement géologique incroyable à l’échelle de la terre.
Une atmosphère à 400 ppm signifie qu’il y a 400 molécules polluées aux dioxydes de carbone sur 1 million de molécules d’air. En 1964, la concentration était de 319 ppm, 370 ppm en 2000, 415 en 2020.
LR&LP : Pourquoi avoir quitté la recherche ?
CC : Après avoir passé 10 ans au sein du service public, j’ai considéré qu’on savait déjà beaucoup de choses sur le climat et que le maillon faible n’était pas la production des connaissances, mais la mise en œuvre de mesures d’adaptation et d’atténuation.
Les premières permettent de faire face à la réalité, c’est-à-dire de nous organiser face au dérèglement du climat. Les secondes, c’est tout ce qui va permettre de ralentir, d’arrêter, de réduire ce qui produit des gaz à effet de serre. Pour moi, c’est là que se situe le principal enjeu.
On peut poursuivre les recherches, si on ne va pas vers une certaine sobriété, la vie va devenir très problématique pour notre espèce. Ce…
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Auteur: Isabelle Vauconsant

