« Les professeurs ont besoin de se sentir respectés par leur hiérarchie »

J’ai lutté de 2018 à 2019 contre la réforme Blanquer. Désabusé, après vingt-neuf ans en lycée et à deux ans de la retraite, j’ai demandé ma mutation en collège. Le mouvement lycéen ravive aujourd’hui de mauvais souvenirs. Entendre Jean-Michel Blanquer dire que « tout va très bien Madame la marquise » m’énerve. Les effets de sa réforme étaient prévus par les acteurs de terrain. L’ex-ministre n’avait rien voulu entendre, même pas l’avis négatif du Conseil supérieur de l’Éducation.

Voici un bref rappel chronologique des faits. Octobre 2018 : un chef d’établissement doute de la faisabilité technique de cette réforme (en résumé, un « merdier innommable ») pour les emplois du temps. Novembre 2018 : on dénonce la suppression de 2 650 postes malgré un pic démographique, des programmes trop ambitieux et un contrôle continu stressant et inégalitaire. Décembre 2018 : un tract souligne que Parcoursup avantagera les classes sociales favorisées, mieux armées pour anticiper les attendus du supérieur.

Sur le même sujet : Dans l’enseignement, « ce ne sont pas des réformes, mais un plan social »

Janvier 2019 : j’évoque les problèmes des E3C (épreuves communes de contrôle continu au bac), le recours aux contractuels, l’absence de maths dans le tronc commun et le manque de profs formés en sciences numériques et technologie (SNT) ainsi qu’en numérique et sciences informatiques (NSI). Décembre 2019, à propos des E3C, un chef d’établissement adjoint résume : « On est dans la merde. »

La réforme a tellement bien été pensée qu’elle sera réformée chaque année.

La réforme a tellement bien été pensée qu’elle sera réformée chaque année. Les E3C, au cœur du nouveau bac, ont disparu. Des maths obligatoires sont apparues en première pour les non-spécialistes. L’épreuve de maths de fin de première changera encore en 2027. Le déni, le mensonge, les chiffres…

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: