Pendant des décennies, les psychiatres ont traité la psychose comme s’il s’agissait de troubles distincts. Les personnes souffrant d’hallucinations et de délires pouvaient être diagnostiquées comme schizophrènes, bipolaires, dépressives sévères ou autres troubles apparentés. Elles recevaient alors des traitements complètement différents selon le diagnostic. Mais de nouvelles recherches suggèrent que cette approche pourrait être fondamentalement erronée.
Notre dernière étude, publiée dans la revue Jama Psychiatry, révèle que les changements cérébraux à l’origine des symptômes psychotiques sont remarquablement similaires dans ces troubles mentaux considérés comme distincts. Ces résultats pourraient changer la façon dont les médecins choisissent les traitements pour les millions de personnes dans le monde qui souffrent de psychose.
La psychose, en ensemble de symptômes difficiles
La psychose en soi n’est pas une maladie, mais plutôt un ensemble de symptômes graves, qui empêchent de distinguer la réalité de sa propre perception. Les personnes touchées peuvent entendre des voix inexistantes, adhérer avec conviction à des croyances erronées, ou éprouver une pensée confuse et incohérente. Ces symptômes apparaissent soudainement et sont terrifiants, qu’ils surviennent seuls ou en parallèle avec la dépression ou la manie.
Nous avons étudié 38 personnes souffrant de leur premier épisode psychotique accompagné de symptômes de l’humeur, en les comparant à des volontaires en bonne santé. À l’aide d’une technologie de pointe d’imagerie cérébrale, nous avons mesuré la synthèse de dopamine, un neurotransmetteur lié à la motivation et à la récompense, dans différentes zones cérébrales.
Une découverte…
Auteur: Sameer Jauhar, Clinical Associate Professor, Imperial College London
